Electricité, cette mesure de développement

Au Maroc, à l’instar de tous les pays, l’énergie constitue le moteur principal du développement économique et social. Pour satisfaire les besoins énergétiques grandissants de son économie et de ses populations croissantes, notre pays importe actuellement plus de 97% de ses approvisionnements en énergie en raison de la modicité de ses propres ressources.

Cette forte dépendance de l’extérieur combinée à la tendance haussière des cours des produits énergétiques, notamment du pétrole qui représente près de 60% de notre consommation énergétique totale, grève lourdement les finances de notre pays. Notre facture énergétique s’est chiffrée à 53 milliards DH en 2007, elle était de l’ordre de 70 milliards DH en 2008 et plus de 85 milliards DH en 2013 avec la flambée des prix du brut contre seulement 21 milliards DH en 2003, la part du pétrole absorbe plus de 85% des montants du pays.

Pour atténuer l’impact de l’escalade des prix sur les consommateurs et les secteurs productifs, le soutien du budget de l’Etat aux produits pétroliers s’est alourdi, passant de quelque 700 millions DH en 2003 à 3,4 puis 10,7 milliards DH respectivement en 2004 et 2007 pour grimper à 25 milliards DH en 2008 et plus de 36 milliards en 2013.

La consommation de l’énergie primaire au Maroc s’est établie à 13,7 millions de TEP en 2007, en croissance de 5,2% par rapport à 2006, tirée par l’augmentation de la consommation électrique de 7,1%. Durant les cinq dernières années, la demande électrique a cru de 8% par an, en raison de la quasi-généralisation de l’accès à l’électricité et de l’expansion économique, produisant une tension sur l’offre, faute d’investissements à temps dans les installations de production pour y répondre. Le déficit ainsi créé a entraîné en particulier une dépendance structurelle de l’interconnexion avec l’Espagne pour le combler.

A l’horizon 2030, la demande en énergie primaire se situerait entre 35 et 40 millions TEP en l’absence de politique d’efficacité énergétique rigoureuse. Elle tomberait dans une fourchette de 27-32 millions TEP si toutes les mesures d’économie d’énergie sont appliquées. Parallèlement, la consommation électrique qui est de 32 TWH en 2012 passerait à 85 TWH dans le premier cas et à 65 TWH dans le second cas, exigeant pour la satisfaire 58% de l’énergie primaire au lieu de 41% aujourd’hui.