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Déficit critique de l’eau à l’horizon 2030 au Maroc

Les ressources en eau se font de plus en plus rares à cause du réchauffement climatique, de l’industrialisation, de la population grandissante. Près de 40% de la population est touchée par la pénurie d’eau et cette donnée va empirer dans les 25 années à venir. Aujourd’hui, la pénurie d’eau touche de nombreux pays mais les zones les plus atteintes restent le Maghreb et le Moyen-Orient. Lisant dans une note onusienne.

Selon les données fournies par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), l’accentuation du dérèglement climatique et la persistance du déséquilibre entre les disponibilités et les besoins en eau constituent des facteurs aggravants de nature à alimenter un déficit hydrique important au Maroc à l’horizon 2030. Celui-ci pourrait atteindre 2,3 milliards de m3, avec une demande prévue de l’ordre de 14,8 milliards de m3, dépassant les ressources mobilisées qui s’élèveraient à près de 12,5 milliards de m3.

En effet, la surexploitation des ressources en eau souterraine (un volume exploité de 4,3 milliards de m3 contre un volume exploitable de 3,4 milliards de m3, engendre un déficit annuel de près d’un milliard de m3), est enregistrée au niveau des bassins de l’Oum Er Rbiaa, du Souss-Massa-Drâa, du Tensift, de Sebou et du Bouregreg.

Ce qui fait que les chiffres fournis par la DEPF, limite la production d’eau potable au Maroc à quelque 1168 millions m3 en 2017. Le potentiel des ressources en eau renouvelables est évalué actuellement à 22 milliards m3 par an, soit l’équivalent de 650 m3 /habitant/an contre 2.560 m3 en 1960, représentant ainsi une baisse de 74,6%. Les besoins actuels en eau dépassent de plus en plus les ressources renouvelables disponibles, sous l’effet particulièrement de la pression démographique, de la dégradation de la qualité des eaux à cause des rejets et du retard accumulé en matière d’assainissement notamment en milieu rural dont les besoins agricoles  suscitent d’importants défis. Le secteur d’agriculture en particulier consomme près de 85% des ressources en eau renouvelables, soit un niveau supérieur à la moyenne mondiale qui est d’environ 70%.

Toutefois, la gestion de l’eau en agriculture reste marquée par une faible valorisation de la ressource (faiblesse de l’efficience à la parcelle pour l’irrigation de surface (50%). Les pouvoirs publics recensent une bagatelle de 140 grands barrages, d’une capacité globale de plus de 17,6 milliards m3, et de plusieurs milliers de forages et de puits pour capter les eaux souterraines. En sus de 14 grands barrages et une dizaine de barrages colinéaires en cours de construction, avec une capacité supplémentaire de stockage de près de 3,5 milliards m3.

Outre l’accélération de la cadence des investissements dans les infrastructures hydrauliques, le recours aux ressources en eau non conventionnelles, à travers la réutilisation des eaux usées et le dessalement de l’eau de mer, fait option. Ce qui conduit aussi la réutilisation des eaux usées, mise en œuvre dans le cadre du plan national pour la réutilisation des eaux usées épurées. Ce plan de réutilisation des eaux permettra ainsi la mobilisation d’un volume additionnel de 325 millions m3 à l’horizon 2030, soit un taux d’épuration des eaux usées de 100%.
Concernant le dessalement d’eau de mer, un volume de 510 millions m3 par an a été fixé comme objectif à atteindre à l’horizon 2030 par le Plan National de l’Eau. Dans ce cadre, un grand projet de dessalement de l’eau de mer a été lancé pour le renforcement de l’approvisionnement en eau potable de la ville d’Agadir et l’irrigation de la zone de Chtouka. De même, des études techniques sont en cours de lancement concernant le dessalement de l’eau de mer en faveur de la zone du Grand Casablanca.

Ainsi, en matière de gestion de la demande en eau et de valorisation de la ressource, la généralisation de l’accès à l’eau potable, en particulier dans les zones rurales et montagneuses s’est accélérée. Le taux de raccordement, dans le cadre du Programme d’Approvisionnement Groupé en Eau Potable rural (PAGER), a atteint 96,5% à fin 2017.

En outre, la superficie totale reconvertie a atteint 540.000 ha à fin 2017 (soit 98% de l’objectif de reconversion fixé en 2020 à savoir 550.000 ha), conclut la DEPF.

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