Bassin de Sebou :La potalisation de l’eau faut urgence

Avec 6 millions d’habitants en 2008, sur une surface de 40.000 km2, une richesse considérable en hydrique constituée de 30% du potentiel national en eaux de surface et 20% en eaux profondes, le bassin de Sebou est l’un des bassins les plus importants à l’échelle nationale, mais il est aussi malheureusement l’oued le plus pollué du pays.
La qualité de ses eaux, après réception des eaux usées de la ville spirituelle, est considérée hors classe, ne devant servir à aucune utilisation, situation qui engendre d’ailleurs des répercussions néfastes sur ce bassin et, notamment sur les conditions d’irrigation, la santé, les conditions de potabilisation de l’eau et les conditions socio-économiques de la région.
Fès, principale agglomération sur le bassin de Sebou, génère de par sa population d’environ un million d’habitants et son parc industriel diversifié, une pollution conséquente évaluée à plus de 100.000 m3 par jour d’eaux usées et 64 tonnes/j de matières organiques.
Sur le plan sanitaire, la pollution de Oued Sebou est aussi à l’origine de nombreuses maladies hydriques dont souffrent les populations riveraines. D’autres secteurs se trouvent aussi compromis notamment la potabilisation de l’eau, l’abreuvage des animaux et l’irrigation (Moyen Sebou).
Les pertes économiques annuelles dues à cette pollution, dont 40 % proviennent des eaux usées et industrielles de Fès, se chiffrent à plusieurs millions de DH (plus de 670 MDH) selon une étude récente.
A partir de ce constat, la dépollution du bassin de Sebou est devenue une priorité nationale qui passe impérativement par le traitement des eaux usées et industrielles de Fès à travers la mise en place d’une station d’épuration des eaux usées de Fès, considérée comme le projet environnemental le plus important à l’échelle régionale et même nationale.
S’inscrivant dans le cadre du grand projet intégré de dépollution du bassin de Sebou, est d’une valeur de 700 millions de DH qui fait face à des difficultés d’ordre financier, qui entravent la dépollution d’un des oueds les plus importants du Maroc.
Parmi les handicaps enregistrées surgit le problème lié à la partie de financement réservée à l’Agence française de développement (AFD) et la Banque européenne d’investissement (BEI) qui conditionnent leur contribution par une augmentation des tarifs que refuse la régie autonome intercommunale de distribution d’eau et d’électricité de Fès.
Considéré comme une première à l’échelle nationale, ce projet fait appel à un procédé d’épuration innovant, à savoir les boues activées et leur digestion permettant un abattement considérable de la pollution générée par la ville, supérieure à 85%.
Une station devrait permettre à l’amélioration de la qualité des eaux de Sebou et contribuera aussi à la suppression des arrêts fréquents que connaissent les stations de potabilisation des eaux de Kariat Ba Mohamed et Mkansa.
Comprenant deux filières de traitement « eau et boues », cette station sera financée par des subventions de l’Etat (60 millions de DH), deux prêts de l’Agence française de développement (AFD) et la Banque européenne d’investissement (BEI) pour un montant de 220 millions de DH chacun, en plus d’un auto-financement de l’ordre de 200 millions de DH.
Cette station de grande envergure, sera réalisée sur un site situé à l’est de Fès dans la zone lahbalate et adoptera un procédé innovant et performant : les «boues activées». Ce qui permettra l’abattement de la pollution à hauteur de 85%.
Les eaux épurées obtenues répondront bien aux normes nationales de rejet; et les eaux du Sebou seront de qualité meilleure et pourront ainsi être réutilisées en irrigation restreinte et permettront aussi une potabilisation de l’eau dans de meilleures conditions.
Par ailleurs, cette station a aussi une particularité environnementale importante du fait qu’elle abritera une unité de cogénération de l’énergie électrique à partir du biogaz issu des digesteurs, ce qui évitera les émissions du biogaz (gaz à effet de serre) dans l’air et permettra ainsi au projet d’être éligible au Mécanisme de développement propre (MDP) dans le cadre du Protocole de Kyoto pour la réduction des gaz à effet de serre.
L’énergie électrique obtenue à partir de cette unité de cogénération, servira en particulier à la couverture des besoins électriques de la station à hauteur de 50%.
Le démarrage des travaux de cette station est prévu pour le 2ème semestre 2009 et son achèvement des travaux est prévu pour fin 2011.