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Appui de l’OCP aux projets de protection des plantes

La biotechnologie au service des engrais et fertilisants

Le Congrès international (Microbiod) qui s’est tenu dernièrement à Agadir représente un enjeu économique et sociétal positif pour le Maroc. En pleine ascension, les biotechnologies microbiennes, pour lesquelles l’utilisation dans le domaine de la santé et l’environnement, ainsi que dans la production industrielle, agricole et énergétique, constitue une niche à fort potentiel d’innovation puisque les micro- organismes sont capables de produire des molécules d’intérêt pour les industriels des différents secteurs et laboratoires pharmaceutiques. «Jusqu’à maintenant, on a pu étudier que 10% des micro- organismes dans le monde. De ce fait, il reste énormément d’organismes à faire valoriser surtout que notre pays est riche en écosystèmes naturels», explique Noureddine Mezrioui, président de l’Association marocaine des biotechnologies et de protection des ressources naturelles «Microbiona»

C’est une technique qui fait économiser près de 60% du coût de revient de la production des engrais, grâce à des solutions biotechnologiques, notamment l’utilisation des micro-organismes du sol sous forme de bio fertilisants. Ainsi, «à long terme, ces micro-organismes peuvent se substituer à l’utilisation de l’acide phosphorique qui est destiné à la fabrication de phosphates alimentaires employés pour la fertilisation et la protection des plantes», explique Brahim Bouizgarne, professeur- chercheur relevant du laboratoire de biotechnologie végétale de la Faculté des sciences de l’Université Ibn Zohr d’Agadir, qui a décroché un financement de l’OCP pour des projets de biotechnologie autour des phosphates.

En pratique, la transformation de la recherche scientifique en produit rentable sous forme de brevet est encore un fait rare au Maroc. C’est pourquoi le secteur des biotechnologies rencontre des difficultés à passer du côté scientifique vers le marché et la commercialisation. Parmi les rares projets scientifiques qui ont réussi à franchir cette étape (déposition d’un brevet) se trouve le laboratoire de biologie et de biotechnologie des micro-organismes (LBBM) relevant de la Faculté des sciences Semlalia de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech. Il a en effet réussi à identifier une nouvelle souche productrice d’un antibiotique. À cet égard, malgré que les biotechnologies constituent un axe prioritaire de la recherche scientifique dicté par le ministère de tutelle, la valorisation de ces substances naturelles passe selon la communauté scientifique par la valorisation de la recherche au sein des universités. «Cette dernière est limitée d’une part par l’insuffisance des moyens mobilisés mais aussi par le manque de gestion financière au sein des universités marocaines. Autrement dit, les moyens ne sont pas fédérés pour développer ce champ alors qu’on espère avec la réalisation des cités d’innovation que ce domaine sera développé davantage», ajoute Noureddine Mezrioui.

Aujourd’hui, plusieurs thèses sont soutenues au sein des universités marocaines mais l’ensemble des résultats présentés ne participent pas assez au développement socioéconomique du pays par manque de valorisation. «Le financement et le classement par le ministère de tutelle et le Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST) de projets dans les domaines prioritaires (PPR) de la recherche scientifique et du développement technologique apporte plus de visibilité aux chercheurs», indique Brahim Bouizgarne. Par ailleurs, la 4e édition du Congrès international (Microbiod) a été marquée par la participation de 9 pays dont le Maroc, l’Algérie, la Tunisie en plus de la France, l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal, l’Angleterre et l’Inde. Durant les deux jours du congrès, plus de 80 communications orales ont été effectuées, ce qui a permis l’échange et la consolidation des relations inter-universitaires.

EMC/MAP

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