Appui aux réformes de l’énergie primaire

Au Maroc, à l’instar de tous les pays, l’énergie constitue le moteur principal du développement économique et social. Pour satisfaire les besoins énergétiques grandissants de son économie et de sa population croissante, notre pays importe actuellement plus de 97% de ses approvisionnements en énergie en raison de la modicité de ses propres ressources.

Cette forte dépendance de l’extérieur combinée à la tendance haussière des cours des produits énergétiques, notamment du pétrole qui représente prés de 60% de notre consommation énergétique totale, grève lourdement les finances de notre pays. Notre facture énergétique s’est chiffrée à plusieurs milliards . La part du pétrole absorbe plus de nos efforts provenant de secteurs confondus. Pour atténuer l’impact de l’escalade des prix sur les consommateurs et les secteurs productifs, le soutien du budget de l’Etat aux produits pétroliers s’est alourdi et touche désormais aux autres secteurs comme celui de l’agriculture où les pouvoirs publics s’en dégourdisent pour maintenir le cap de la compensation à son point nodal.

La consommation de l’énergie primaire au Maroc s’est donc établie d’une croissance qui va crescendo depuis longtemps. Rien que pour la période 2006 – 2012 l’augmentation de la consommation électrique est passé de 7,1 à 14,3%. Et rien ne peut contraindre la fébrilité des cours dans ce secteur exposé aux conjonctures. Durant les six dernières années, la demande électrique a cru de 8% par an, en raison de la quasi-généralisation de l’accès à l’électricité et de l’expansion économique, produisant une tension sur l’offre, faute d’investissements à temps dans les installations de production. Le déficit ainsi créé a entraîné en particulier une dépendance structurelle de l’interconnexion avec l’Espagne pour le combler.

A l’horizon 2030, la demande en énergie primaire se situerait entre 35 et 40 millions TEP en l’absence de politique d’efficacité énergétique rigoureuse. Elle tomberait dans une fourchette de 27-32 millions TEP si toutes les mesures d’économie d’énergie sont appliquées. Parallèlement, La consommation électrique qui est de 22 TWH en 2007 passerait à 85 TWH dans le premier cas et à 65 TWH dans le second cas, exigeant pour la satisfaire 58% de l’énergie primaire au lieu de 41% aujourd’hui.

Nouvelles stratégie

Pour relever ces multiples défis et maîtriser notre avenir énergétique afin d’assurer le développement durable du Maroc, une nouvelle stratégie énergétique a été élaborée sur la base d’options technologiques et économiques réalistes dans le cadre d’une vision prospective claire. Elle se traduit en plans d’actions concrets et réalisables à court, moyen et long termes, accompagnés de mesures organisationnelles et réglementaires permettant de donner la visibilité nécessaire aux opérateurs.

Conformément aux Hautes Orientations Royales, le ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement a opéré le choix des options stratégiques en y associant des experts nationaux et internationaux ainsi que l’ensemble des acteurs du secteur dans un esprit de concertation et d’adhésion consensuelle. Dans ce cadre, le Fonds Hassan II pour le Développement Economique et Social a consacré une enveloppe budgétaire pour financer l’étude d’un programme d’appui aux réformes structurelles prioritaires.

Les objectifs stratégiques fixés visent à assurer notre sécurité d’approvisionnement énergétique, à garantir la disponibilité et l’accessibilité de l’énergie au meilleur coût ainsi qu’à réduire notre dépendance énergétique en diversifiant les sources d’énergie, en développant les potentialités énergétiques nationales, en promouvant l’efficacité énergétique dans toutes les activités économiques et sociales.